Un compagnon pesant, Le stress

Comment le stress influence-t-il notre perception du monde, jusqu'à modifier nos comportements.

La gestion du stress

 

La gestion du stress

Le stress, c'est d'abord un ensemble de réactions de notre corps face à une situation nouvelle ou menaçante. Ces réactions se sont mis en place durant l'évolution pour que nous puissions justement survivre à ces changements ou à ces menaces.

Le stress, loin d'être néfaste en soi, peut donc être très utile et on peut être sûr qu'il a permis à nos ancêtres d'échapper à bien des dangers. De nos jours, les stimulus stressant sont rarement une bête sauvage et beaucoup plus souvent une situation sociale comme un examen ou une menace verbale d'une autre personne. Notre cortex cérébral, en décodant le langage, peut se représenter des situations qui auront sur notre cerveau le même effet que la menace concrète d'un prédateur. La culture humaine se raffine, mais les réactions émotives de base restent les mêmes.

Lors d'un stress, le corps DOIT éventuellement agir pour mettre un terme à cette attente en tension. Car les modifications du système sympathique sont toutes orientées vers une dépense importante et immédiate d'énergie. Par exemple, la fréquence des battements cardiaques et de la respiration augmente pour faire parvenir plus de sang oxygénés aux muscles. Le sang qui va normalement à la peau et aux viscères est lui aussi réorienté vers les muscles, etc.

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Méditation et stress

La méditation peut calmer un état de stress

Des personnes ayant été initiées pendant cinq jours à une méthode de méditation (integrative body–mind training ou IBMT, en anglais) démontrent une meilleure attention et gèrent mieux le stress (et ses effets néfastes) que les gens d’un groupe contrôle n’ayant été initiés qu’à des techniques de relaxation.

Ces résultats de 2007 viennent d’être corroborés par une étude d’imagerie cérébrale de la même équipe. Elle montre une meilleure régulation dusystème nerveux végétatif par des régions cérébrales frontale (comme le cortex cingulaire antérieur) chez les personnes ayant médité par rapport à celles qui ont seulement relaxé.

Les émotions au cœur du stress



Le CriLe stress mobilise trois niveaux d'affects très distincts. La peur, l'anxiété et l'angoisse désignent trois réalités différentes. Elles sont toutefois apparentées et peuvent aussi être considérées comme trois degrés d'un même état physiologique : la mise en jeu du système nerveux sympathique qui pousse à l'action quand celle-ci est impossible.

La peur est une émotion forte et intense éprouvée en présence ou d'une menace réelle et immédiate. Elle est stimulée par un système qui détecte les dangers et produit des réponses qui augmentent nos chances de survie face à cette situation dangereuse. Autrement dit, elle met en mouvement une séquence comportementale défensive. Chez l'être humain, elle peut aussi surgir à la pensée d'un danger potentiel. Les principales voies nerveuses à l'origine de cette réaction défensive qu'est la peur sont connues ainsi que les circuits du centre même de ce système d'alarme, l'amygdale.

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D'où vient le nom ?

La notion de stress, le nom !

L’article ci-dessous est d’abord paru dans le magazine Versus N2 (http://versusmagazine.co/)

 

Stress Enfant SmallDepuis son introduction en médecine par Hans Selye dans les années 1920, le concept de stress a toujours été entouré de ce que l’on pourrait appeler un certain « flou artistique ». D’abord, parce que Selye a mis l’accent sur les stresseurs physiques (chaud, froid, contention, maladies de tout ordre, etc.) au détriment des stresseurs psychologiques, dont la grande importance a été reconnue un peu plus tard. Ensuite, parce qu’on ne distingue pas toujours de manière explicite un stress de courte durée d’un stress de longue durée, ce dernier pouvant être fort néfaste pour la santé, alors que le premier est généralement utile. Et finalement, parce qu’on doit distinguer l’agent stresseur de notre réponse organique au stress, ce qu’on ne fait pas toujours. Tentons donc l’impossible, c’est-à-dire de démêler un peu tout ça en quelques paragraphes.

En premier lieu, d’où vient notre réaction au stress, évolutivement parlant ? De la nécessité de sauver sa peau ! Car lorsqu’un animal se retrouve face à un prédateur capable d’en faire son repas (l’agent stresseur), il ressent un fort stress psychologique qui l’incite à faire deux choses : prendre ses jambes à son cou et fuir ou, s’il est pris dans un coin sans issue, se battre avec l’énergie du désespoir. Dans les deux cas, il y aura de vastes remaniements nerveux et hormonaux pour allouer le plus de ressources possible aux muscles et au système cardiorespiratoire. Pour fuir ou lutter. Mais qui dit plus de ressources à certains systèmes dit forcément moins de ressources dans d’autres : les systèmes digestif, reproducteur ou immunitaire pâtiront ainsi pendant un court instant de cette réallocation nécessaire pour assurer la survie de l’organisme. Cela aura peu d’effet si la fuite ou la lutte élimine la présence du prédateur et que tout revient à la normale après ce stress de courte durée (ou « stress aigu »).

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